LRA Crisis Tracker Méthodologie

1. Collecte des données

Sources:

  • Réseau des antennes de radio HF en République démocratique du Congo et en RCA
  • Les civils signalent des incidents aux opérateurs de l’antenne-radio HF
  • Plus de 70 opérateurs radio HF appellent le point de référence a Dungu deux fois par jour pour signaler des éventuelles activités de groupes armés
  • Les incidents observés sont inserés dans des formulaires adaptés puis sont envoy&
  • eacute;s vers des codeurs de données
  • Rapports des Nations-Unies et des ONG
  • Sources médiatiques et de presse
  • Contacts avec la société civile au sein des communautés locales
  • Sources gouvernementales
  • Études sur le terrain conduites par le personnel de Resolve et Invisible Children

Etendue couverte par ces sources: les membres de l’équipe chargée du maintien de la base de données du Moniteur de la crise de la LRA font tous les efforts possibles pour obtenir des données en provenance de toutes les régions affectées par la rébellion de la LRA. Comme les régions touchées sont souvent d’un accès difficile, l’infrastructure disponible pour récolter des données est souvent inégale d’une région géographique à une autre, et les données insérées dans la base de données sont souvent de meilleure qualité dans les zones où les ONG et les agences de presse sont plus actives. La base de données du Moniteur de la crise de la LRA ne prétend pas présenter un tableau exhaustif de tous les incidents commis par la LRA ou en relation avec elle dans la région, mais les membres de l’équipe font tous les efforts possibles pour acquérir des données en provenance des zones difficile d’accès.

Remarque: La plupart des systèmes de collecte d’information se trouvent au Congo, ce qui conduit à un montant disproportionné de rapports sur la LRA au Congo. Dans les deux mois à venir Invisible Children et CRS, financés par l’USAID, vont développer les systèmes de collecte d’information en RCA, dans l’espoir d’améliorer l’accès à l’information dans la région.

2. Encodage des données

Encodage dans la base de données : les rapports d’informations sont partagés entre les membres d’uneéquipe d’encodeurs issus d’Invisible Children et de Resolve. Les encodeurs déterminent si la source est fiable ou pas (voir section 4.2.B du code de chiffrement « Déterminer la fiabilité de la source »). Avant qu’un incident ne soit encodé, l’encodeur lit les informations sur d’autres incidents apparus durant le même laps de temps, et vérifie s’il n’y a pas de doublons.

Indice de fiabilité : après qu’un incident ait été catégorisé, chaque incident se voit doté d’un indice de fiabilité, qui évalue le degré de confiance de l’équipe dans les détails de la donnée relatée. On donne à chaque incident un ratio allant de 1 a 5, 1 signifiant le moins fiable et 5 le plus fiable. L’indice est basé sur le sérieux de la source, la confiance en l’identité des protagonistes impliqués dans l’incident, et le degré de détail fourni dans le rapport. Un indice de fiabilité allant de 2 à 5 est considéré comme suffisamment vérifié pour être annoncé au public, ces données sont donc incluses dans les statistiques et les analyses (code de chiffrement section 4.2.A).

Indice de fiabilité quant à l’auteur des faits : pour distinguer les attaques de la LRA des attaques des autres groupes armés, le code de chiffrement du Moniteur de la Crise dispose d’une liste d’indicateurs montrant si on a affaire ou non à la LRA. Si après avoir vérifié les indicateurs et autres preuves disponibles, l’encodeur détermine que le protagoniste d’une attaque est vraisemblablement la LRA, il donne à l’incident un Indice de fiabilité protagoniste LRA, « bas », « moyen » ou « élevé », pour mesurer la probabilité que le protagoniste soit effectivement la LRA (code de chiffrement section 4.2.C). Si l’encodeur, après avoir vérifié un incident, pense que la LRA n’était pas impliquée et que le protagoniste est inconnu, le protagoniste est indiqué comme « groupe armé » et l’incident n’est pas consigné.

3. Révision des données

Vérification initiale : chaque rapport est contrôlé par un second encodeur de données pour repérer les éventuelles erreurs humaines et les doublons. Les encodeurs recherchent des incidents dont les détails sont semblables et qui se trouvent généralement proches dans le temps et dans l’espace. Ces incidents font alors l’objet d’une enquête pour s’assurer qu’il ne s’agit pas de doublons.

Révision par des experts: le personnel d’Invisible Children et de Resolve ayant une expérience de terrain révise les incidents sensibles immédiatement, et tous les incidents une fois par trimestre. Si le membre du personnel sent qu’un incident a été mal interprété, il corrige le rapport de l’incident et, au besoin, le sort des statistiques. Des experts externes régionaux et de la LRA sont consultés au besoin.

4. Consignation des données et partage

Consignation des données : après qu’un incident ait été encodé et approuvé à être consigné, il apparaît sur le site web du Moniteur de la crise de la LRA. Seuls des incidents impliquant la LRA ou des personnes auparavant enlevées par la LRA et dotés d’un indice de fiabilité de 2 ou plus sont consignés.

Sensibilité des données : les informations sensibles comme les sources spécifiques de données, les informations relatives aux forces de sécurité et les informations personnelles des personnes mineures ne sont pas partagées avec le public.

Partage des données : les données sont régulièrement envoyées aux agences des Nations-Unies et aux organisations humanitaires à des fins de comparaison et de collaboration.

5. Restructuration des données
Comme la base de données grossit et que les outils sont mis à jour pour refléter les meilleures pratiques, les encodeurs révisent et remanient les données existantes au besoin.

Avec la mise en place du Réseau de radiophonies HF et de mécanismes d’informations améliorés dans la région, les rapports d’incidents sont devenus plus détaillés et la base de données a été adaptée pour refléter cet état de fait. Des champs de données comprenant des informations sur l’âge et le genre des victimes et sur la nature des biens pillés, ont été ajoutés depuis que la base a été démarrée. Les encodeurs révisent périodiquement tous les incidents et rapports pour y ajouter les nouveaux détails.

6. Analyse des données et compte-rendu

Le personnel du Moniteur de la crise analyse les données pour y déceler des tendances et des schémas dans les activités de la LRA. Par exemple, les encodeurs cherchent des tendances en matière d’âge et de genre des personnes enlevées, de recrutement net (nombre total de personnes enlevées moins le total des rapatriés), et de recrudescence de certains types d’attaques. Ils cherchent aussi de nouvelles tendances dans les activités de la LRA. Les encodeurs analysent aussi des zones et provinces spécifiques pour y déceler des variations (à la hausse ou à la baisse) en nombre et type d’attaques. Après que l’analyse ait été achevée et révisée, elle est publiée dans divers rapports du Moniteur de la crise.

Définitions

Attaque:

Un incident est considéré comme une « attaque » dans le rapport si l’activité de la LRA a pour résultat une des violations suivantes des droits de l’homme : violence entraînant des morts ou des blessures, violence sexuelle ou basée sur le genre des personnes, enlèvement, pillage, ou déplacement de personnes. Pour les définitions détaillées de ces abus en matière de droits de l’homme, merci de consulter la section 4.5 du code de chiffrement du Moniteur de la crise de la LRA, méthodologie de consignation et base de données, version 1.3.

Meurtre (personne tuée):

Un incident est considéré comme un « meurtre » si un acte violent a eu pour résultat la mort d’un individu qui n’est pas connu pour son association avec un groupe armé ou les forces de sécurité. Les morts de civils suite à des blessures subies lors d’une attaque sont considérées comme des « meurtres ». Donc, si un civil est tué pendant sa captivité dans un camp de la LRA, sa mort est considérée comme un « meurtre » si elle se produit dans la première semaine de sa capture initiale. Pour une explication détaillée des incidents catégorisés comme « meurtres », merci de consulter la section 4.5.1 du code de chiffrement du Moniteur de la crise de la LRA, méthodologie de consignation et base de données, version 1.3.

Enlèvement :

Un incident est considéré comme un « enlèvement » s’il implique une ou plusieurs personnes prises en otage contre leur volonté par la LRA pour quelque période de temps que ce soit, en ce compris des civils qui sont enlevés et libérés, ou qui s’échappent, dans la même journée. Un enlèvement de court terme est caractérisé par une durée de 72 heures ou moins. Cela ne veut pas forcement dire que les enlèvements qui ne sont pas considérés comme « de court terme » sont obliga-toirement « de long terme », car il n’y a peut-être pas eu de rapport sur le retour de la personne enlevée. Pour une explication détaillée des incidents classés comme « enlèvements » ou « enlèvements de court terme », merci de consulter la section 4.5.2 du code de chiffrement du Moniteur de la crise de la LRA, méthodologie de consignation et base de données, version 1.3.

rapatriés:

Un “rapatrié” est considéré comme quelqu’un qui s’évade, est libéré, est sauvé, ou déserte de sa captivité auprès de la LRA. Il comprend également tous les membres de la LRA qui sont capturés. Pour une explication détaillée des données relatives aux rapatriés, merci de consulter la section 4.5.2 du code de chiffrement du Moniteur de la crise de la LRA, méthodologie de consignation et base de données, version 1.6.